Le Programme Zoonoses met la science au service de l’approche « Une seule santé »
Lorraine FOKOU KUIGNOU MATCHIO21 janvier 202624 vuesContenus Formations

Le Cameroun lance une offensive scientifique via l'approche "Une seule santé". Objectif : bâtir une gouvernance décloisonnée où la donnée multisectorielle guide désormais la décision politique.
Durant deux jours, les travaux ont permis de dresser un état des lieux des avancées scientifiques au Cameroun autour des piliers majeurs du One Health notamment : les maladies zoonotiques, la résistance aux antimicrobiens (RAM), la sécurité sanitaire des aliments (SSA) et les changements climatiques. Parmi les données marquantes, les chiffres présentés par l’ONACC ont particulièrement retenu l’attention, révélant une augmentation de la température moyenne de +1,2°C à l'échelle nationale depuis 1960. Ce réchauffement couplé à une variabilité accrue des précipitations, principalement dans le Grand-Nord et à une recrudescence de phénomènes extrêmes tels que les inondations et les sécheresses prolongées, souligne l'urgence d'une riposte coordonnée et multisectorielle.
Face aux résultats alarmants présentés et aux défis rencontrés, un aboutissement majeur de cette rencontre, au-delà du partage de connaissances, a été la définition concertée des thématiques de recherche prioritaires pour le Cameroun. Au centre de ces priorités, le développement de mécanismes de surveillance multisectorielle performants s’est imposé comme une nécessité absolue. L'objectif est de fluidifier le partage de données entre les différents acteurs de l'approche Une Seule Santé. Cette volonté de décloisonnement a mis en exergue le rôle pivot du Cameroon One Health Information System (COHIS) qui ambitionne d’intégrer et exploiter les données provenant de divers secteurs pour une prise de décision plus rapide et basée sur les évidences.
Désormais, le défi réside dans la pérennisation de ce dialogue entre chercheurs et décideurs, où la recherche scientifique devient un véritable levier de la santé publique.
