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Cameroun, les femmes au cœur du One Health : sentinelles de la santé et de l’environnement

Aline Audrey BENOUKE NGOSSOJanuary 21, 202614 viewsContenus Formations
Cameroun, les femmes au cœur du One Health : sentinelles de la santé et de l’environnement

Du marché au laboratoire, les femmes camerounaises sont en première ligne pour protéger la santé humaine, animale et environnementale, malgré leur sous-représentation dans les instances de décision.


Depuis plusieurs années, des réseaux et associations féminines font progresser le One Health dans les communautés. Dans les marchés, les villages, les laboratoires ou les forêts, elles tissent des liens entre santé publique, protection animale et préservation des écosystèmes. Entre action de sensibilisation sur le terrain, engagement communautaire et renforcement des capacités des acteurs et les plaidoyers en direction des autorités, elles ne laissent en marge aucun aspect de l’approche Une Seule Santé. Marie Hélène Ebieline est une figure de proue féminine dans le One Health ; présidente du Réseau des Organisations One Health Cameroun (ROOHCAM), qui est à pied d’œuvre depuis plus de 4 ans. Sous son leadership, le ROOHCAM a ainsi mené avec l’appui de la GIZ PPOH un projet de contrôle qualité des denrées alimentaires sur les marchés. « La majorité des présidentes de marchés étant des femmes, l’initiative a été bien accueillie et entraîné des changements de comportement durables. Quand les femmes s’impliquent, la dynamique communautaire change », souligne Marie Hélène Ebieline.


Dans le registre de la préservation de l’environnement et de la lutte contre les violences basées sur le genre, Cameroon Gender and Environment Watch (CAMGEW), dirigé par Ernestine Leikeki Sevidzem, apporte une contribution significative. A son actif, l’on note plus de 86 000 arbres déjà plantés, 800 femmes victimes de violence soutenues et plusieurs activités économiques durables mises en place dans la région du Nord-ouest.  De son côté, l’initiative « Lilagle » a permis à de nombreuses femmes d’obtenir et de sécuriser 100 hectares de terrain dans 18 villages. Dans l’optique de promouvoir la sécurité alimentaire, cette organisation a également planté 60.000 arbres fruitiers. Plus récemment, des associations comme Women in One Health and Sustainable Development Initiative (WHOSDI) se frayent leur chemin dans la promotion de cette approche intégrée.


Un leadership encore trop absent des instances

Bien que présente sur le terrain, la femme exerçant dans le One Health rencontre encore de nombreux défis. Selon l’ONU, les femmes occupent moins de 30 % des postes de direction dans les structures liées à la santé globale. A ceci, s’ajoute le faible accès aux postes décisionnels et aux financements pour les projets menés, la sous-représentation dans les instances de coordination multisectorielle One Health et le manque de mentorat et de réseaux professionnels pour les jeunes femmes dans ces disciplines. « Le One Health sans les femmes est une équation incomplète. Il est urgent d’institutionnaliser la parité dans les instances de gouvernance One Health et de financer spécifiquement des projets portés par des femmes ou intégrant l’égalité de genre », déplore Nicole Fouda Mbarga, présidente de WGH. Pour Marie Hélène Ebieline, la notion de genre est souvent mal comprise. « Nous pensons que si le concept genre dans sa globalité tenait compte de toutes les typologies, on verrait davantage des femmes dans les instances de prise de décision. C’est l’occasion pour nous de plaider pour qu’il y ait plus de femmes à des postes de responsabilité afin d’impulser la dynamique du One Health », plaide la présidente du ROOHCAM, pour que le One Health tienne ses promesses.